La
capoera, dans sa forme, ne ressemble à aucune autre danse, ni à aucun
autre sport de combat. Elle est l'art de lutter dans la danse et de
danser dans la lutte. Enfin, elle est un jeu. Un rituel d'une grande
beauté. Les mouvements des capoeiristes sont ceux des animaux.
Macaques, reptiles ou félins, ils évoluent indifféremment debouts ou
renversés, à quatre pattes ou bien complètement allongés, prêts à
bondir dans les airs ou sur leur proie. Les acteurs dans la
capoera sont soutenus
autour par les rythmes de percussions, les chants et les frappes de
mains des autres capoeiristes. Ces derniers, en attendant leur tour, se
forment en cercle et "animent" le jeu avant de se lancer. C'est la
"RODA".

Être au coeur du rituel de la
capoera et faire un "beau jeu", c'est engager le
dialogue avec son partenaire en utilisant tous les recours que l'on a à
sa portée pour le tromper et l'emmener au piège. Nous avons vu que
cet art est la lutte du plus faible contre le plus fort, donc pas besoin
d'être un athlète ou un acrobate pour jouer la
capoera. Un sourire, un
geste malicieux, un cri, une douleur déguisée, un coup porté, un coup
reçu ou une esquive bien placée sont souvent plus utiles pour mener le
jeu où on veut..
Le temps du jeu de la
capoera c'est le temps d'entrer, d'établir la relation avec son
partenaire, d'être attentif et à l'écoute de son énergie corporelle,
(sa rapidité ou sa lenteur, son niveau d'agressivité, ses capacités de
ruse, de stratégie, son agilité, son humour...). En
capoera, comme au
théâtre ou en danse, la qualité d'écoute fera dire du jeu qu'il est
"bon ou mauvais", "vrai ou faux". "Tomber dans le piège" n'est pas
douloureux dans la
capoera, puisque le principe est de ne pas se
toucher. Il faut rester fluide l'un par rapport à l'autre et arrêter le
mouvement avant de se faire obstacle. À la fin de la
capoera, personne ne gagne ou ne
perd, on se sert la main et on s'arrête là.